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samedi, 17 mai 2008

Cette première note, comme une évidence

788183118.jpgPendant la majorité de mon existence, j'ai toujours pensé que j'avais été relativement épargné par le racisme. J'étais conscient qu'il existait, bien sûr, mais dire que sa chape de plomb m'écrasait aurait été surfait. A part, vers 17-18 ans, la difficile recherche d'un job étudiant - finalement trouvé via la famille - je n'avais jamais été confronté de plein fouet à la xénophobie. Dix ans plus tard, on peut dire que j'ai suivi un cours accéléré et que j'ai rattrapé tout mon retard...

 

Dernier exemple en date, celui qui finalement m'a poussé à créer ce blog : 

Sans travail depuis la mi-avril et après plusieurs semaines de recherches pas trop actives, je me lance dans le monde de l'intérim. Je recherche quelque chose à court terme, de bureau, bref rien de très exigeant. Je me rends donc dans une agence d'intérim où m'accueille une très gentille néerlandophone, avec un français impeccable. Je présente mon profil, mes compétences linguistiques. Il ne faut pas plus de cinq minutes pour trouver un truc qui me convienne parfaitement! Le contrat de deux mois, dans une banque bien connue est censé commencer le lendemain, la consultante m'indique qu'elle m'appellera dès qu'elle aura des nouvelles.

 

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Le lendemain, premier appel : "C'est quoi, précisément, tes aptitudes en bureautique?". Second appel : "Viens passer un test Word chez nous". Ok. Arrivé là-bas, la consultante m'explique dit que la GRH lui dit qu'avoir "rédigé deux mémoires ne prouve pas qu'on maîtrise Word. Deux mémoires, c'est pas assez." "Elle est très exigeante, cette femme continue ma consultante. J'suis très fâchée." Semblerait que ça n'arrive pas souvent, surtout pour ce genre de poste, plutôt basique. L'annonce demandait quelqu'un qui avait terminé le secondaire supérieur, ou un graduat, avec connaissances basiques de la seconde langue et donc une maitrise de Word. M. était donc choquée qu'un double licencié universitaire comme moi soit si emmerdé. 

163908365.pngJe passe donc ce fameux test. J'suis pas très heureux de tout ça, et j'ai plein de trucs à faire ce jour-là, donc je me grouille. Les 37 minutes imparties se transforment rapidement en quart-d'heure. Les résultats sortent, la machine dit que je suis "un bon utilisateur de Word." M. rappelle la responsable, lui indique les résultats de mon test. La bonne femme ne veut rien savoir. L'appel se termine de façon un peu abrupte. M. : "Incroyable. Personnellement, je ne peux plus rien faire. Seule ma responsable pourrait intercéder en ta faveur (sic). C'est quand même dingue que cette femme ne veuille pas de toi. Elle part à la retraite dans un mois, elle pourrait prendre un risque (re-sic)."

 

La logique voudrait que j'appelle le Centre pour l'égalité des chances ou le Mrax et que je colle au cul de cette GRH un bon avocat et la loi Moureaux. Trop lent à mon goût. Alors je crée ce blog. Comme une évidence...

 

 

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