samedi, 17 mai 2008
Le "Docteur" Charly Chapelle et les "origines géographiques"
Ce soir, le White Star jouera le match retour du "quart de finale" du tour final de D3. Au match aller, Alost s'est imposé dans ses installations sur un score "Arsenal", 1-0. Un fait de match marquant lors de cette manche aller : Morrisson a loupé la conversion d'un penalty, détourné par le portier local. Ca arrive tout le temps, même aux meilleurs. Réaction, à chaud, du coach du White Star, Charles - Charly - Chapelle :

"Un nul 1-1 aurait été logique. Mais on a payé cher la nonchalance de certains, toujours les mêmes. L'erreur de Wolfe sur le but et la manière dont Morrisson a tiré la penalty alors qu'il n'avait pas été désigné pour cela, sont inacceptables. Question d'origine géographique sans doute [...]."

On l'aura compris, le Wofle et le Morrisson ne sont pas "bleu-blanc-belges" mais Jamaïcains. Prêtés par le club anglais de Sheffield United, ces deux jeunes gaillards font leur écolage du foot dans la cossue commune bruxelloise. Ces déclarations ont été effectuées juste après le match, publiquement donc et en présence de plusieurs journalistes, et publiées en pages régionales du supplément sportif de La Capitale. Je n'ai strictement rien entendu comme critique à l'encontre de l'entraîneur bruxellois. Après deux erreurs, des êtres humains de couleur sont donc rabaissés à leur origine géographique. C'est connu, les Jamaïcains sont, tous, des mecs cools, sans rigueur, à qui l'on peut difficilement faire confiance. C'est Louis B. Grant qui doit se retourner dans sa tombe.
C'est de ce genre d'histoire qu'il sera question sur ce blog. De plus en plus, on se permet de lâcher ce genre de commentaire dans une indifférence absolue. Dire que des mecs font des erreurs car ils viennent des îles dépasse l'entendement. Le pire, c'est que personne n'a trouvé à y redire. On connaissait l'histoire du sélectionneur espagnol qui insultait Thierry Henry de sale nègre mais j'avais pas lu/vu/entendu de coach insulter ses propos ouailles. Merci Charly...
Sources : La Capitale du 15 mai 2008, whitestar.be, OPHA, Le Figaro.fr.
15:36 Publié dans Football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : football, white star, négro
Cette première note, comme une évidence
Pendant la majorité de mon existence, j'ai toujours pensé que j'avais été relativement épargné par le racisme. J'étais conscient qu'il existait, bien sûr, mais dire que sa chape de plomb m'écrasait aurait été surfait. A part, vers 17-18 ans, la difficile recherche d'un job étudiant - finalement trouvé via la famille - je n'avais jamais été confronté de plein fouet à la xénophobie. Dix ans plus tard, on peut dire que j'ai suivi un cours accéléré et que j'ai rattrapé tout mon retard...
Dernier exemple en date, celui qui finalement m'a poussé à créer ce blog :
Sans travail depuis la mi-avril et après plusieurs semaines de recherches pas trop actives, je me lance dans le monde de l'intérim. Je recherche quelque chose à court terme, de bureau, bref rien de très exigeant. Je me rends donc dans une agence d'intérim où m'accueille une très gentille néerlandophone, avec un français impeccable. Je présente mon profil, mes compétences linguistiques. Il ne faut pas plus de cinq minutes pour trouver un truc qui me convienne parfaitement! Le contrat de deux mois, dans une banque bien connue est censé commencer le lendemain, la consultante m'indique qu'elle m'appellera dès qu'elle aura des nouvelles.
Le lendemain, premier appel : "C'est quoi, précisément, tes aptitudes en bureautique?". Second appel : "Viens passer un test Word chez nous". Ok. Arrivé là-bas, la consultante m'explique dit que la GRH lui dit qu'avoir "rédigé deux mémoires ne prouve pas qu'on maîtrise Word. Deux mémoires, c'est pas assez." "Elle est très exigeante, cette femme continue ma consultante. J'suis très fâchée." Semblerait que ça n'arrive pas souvent, surtout pour ce genre de poste, plutôt basique. L'annonce demandait quelqu'un qui avait terminé le secondaire supérieur, ou un graduat, avec connaissances basiques de la seconde langue et donc une maitrise de Word. M. était donc choquée qu'un double licencié universitaire comme moi soit si emmerdé.
Je passe donc ce fameux test. J'suis pas très heureux de tout ça, et j'ai plein de trucs à faire ce jour-là, donc je me grouille. Les 37 minutes imparties se transforment rapidement en quart-d'heure. Les résultats sortent, la machine dit que je suis "un bon utilisateur de Word." M. rappelle la responsable, lui indique les résultats de mon test. La bonne femme ne veut rien savoir. L'appel se termine de façon un peu abrupte. M. : "Incroyable. Personnellement, je ne peux plus rien faire. Seule ma responsable pourrait intercéder en ta faveur (sic). C'est quand même dingue que cette femme ne veuille pas de toi. Elle part à la retraite dans un mois, elle pourrait prendre un risque (re-sic)."
La logique voudrait que j'appelle le Centre pour l'égalité des chances ou le Mrax et que je colle au cul de cette GRH un bon avocat et la loi Moureaux. Trop lent à mon goût. Alors je crée ce blog. Comme une évidence...
14:33 Publié dans Monde du travail | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : monde du travail, intérim, bougnoul


